Il y a 110 ans, l’ACFÉO devenait le premier porte-étendard des Franco-Ontarien.ne.s

Le 20 janvier 1910 s’est clos à Ottawa le premier congrès d’un organisme provincial prometteur dont la mission, en tant que porte-parole de sa communauté, est d’assurer la défense des droits des Franco-Ontarien.ne.s.

En effet, du 18 au 20 janvier 1910, 1200 délégué.e.s, de partout en province se réunissent dans le cadre d’un premier congrès d’éducation et afin de fonder l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario (ACFÉO).

Le juge Albert Constantineau, de l’Est ontarien, encourage les Franco-Ontarien.ne.s à se regrouper autour d’une association provinciale. Il sera épaulé par le curé Alexandre Beausoleil à la tête d’une commission constituante qui convaincra une gamme impressionnante de chefs de file de la communauté de se rassembler.

La préoccupation de l’heure est celle de l’éducation; nombreux.ses souhaitent l’amélioration du système scolaire.

L’appel pour un congrès en 1910 est lancé en 1908 dans le journal Le Moniteur, publié à Hawkesbury. Dans une circulaire distribuée en 1909, on explique que le congrès débouchera sur une « association provinciale, qui se propose la juste et légitime revendication de tous nos droits, l’infatigable surveillance de nos intérêts nationaux ».

Dans les années 1910, la démographie de la communauté de langue française en Ontario augmente à vue d’œil, particulièrement dans l’Est et le Nord de la province. En 1911, quelque 10 % de la population totale de l’Ontario est francophone. Un sommet.

Les délégué.e.s sont choisi.e.s (dont 11 % provenant du Nouvel-Ontario) par l’entremise d’assemblées populaires tenues dans chaque paroisse, canton, district ou comté pour agir comme représentants de leur localité. La communauté compte alors quelque 210 000 personnes.

Le sénateur Napoléon-Antoine Belcourt d’Ottawa est choisi à l’unanimité au congrès comme premier président de l’ACFÉO.

Dans son discours d’acceptation, il précise que « nous serons heureux de recevoir tous ceux qui voudront nous aider de leurs conseils et par leur coopération, d’où qu’ils viennent et quelle que soit leur origine. » Il ajoute : « tous ceux qui voudront contribuer à l’étude et à la connaissance de la langue française et à propagation seront toujours les bienvenus. » Lors du congrès, les délégué.e.s entendent des présentations qui dressent l’état des lieux des différentes régions de l’Ontario français. Les statuts et règlements sont adoptés. Deux somptueux banquets viennent ponctuer l’événement.

Le premier ministre du Canada de l’époque, Sir Wilfrid Laurier, et deux de ses ministres assistent au congrès, tout comme le chef de l’opposition officielle, Robert Laird Borden. Le gouvernement de l’Ontario est représenté par les ministres Adam Beck et Francis Cochrane.

Dès la fin du congrès d’éducation, l’ACFÉO s’impose comme l’organisme provincial de prédilection des Franco-Ontarien.ne.s et s’implante partout sur le territoire ontarien en y fondant des sections locales, courroies de transmission du bureau-chef établi à Ottawa.

L’ACFÉO changera de nom pour ACFO en 1969 et prendra son nom actuel, Assemblée de la francophonie de l’Ontario, en 2006.