Bilinguisme à l’Université Laurentienne : 1960 – 2021

Ottawa, 13 avril 2021 – Le bilinguisme est mort à l’Université Laurentienne. Le plan de restructuration de l’Université Laurentienne met en grave péril la pérennité de la programmation en français dans le Moyen-Nord de la province, près de la moitié des programmes (45%) offerts en totalité ou en partie en français ayant été hachés.

Selon le plan adopté par l’Université Laurentienne, 69 programmes, dont 28 en français, sont passés au couperet. Alors que 18,6 % de la population étudiante de l’Université Laurentienne est dans un programme de langue française, 40 % de la programmation coupée la touche de plein fouet. La programmation de langue anglaise est amputée de 20 %, celle de langue française est réduite de 45 %. De plus, le responsable du recrutement en français a été congédié et l’avenir du Bureau des affaires francophones est incertain.

Ce coup dur à la francophonie survient un peu plus d’une semaine après l’annonce de la fin de la fédération Laurentienne, coupant ainsi le financement de l’Université de Sudbury. Cette institution avait annoncé le 12 mars dernier, appuyée par notre organisme, vouloir une gestion et une gouvernance autonome gérée par, pour et avec les francophones.

« Après avoir entrepris des démarches mettant en danger une institution fondée en réaction au Règlement XVII, la direction de l’Université Laurentienne passe au couperet sa programmation en français. C’est un aveu d’échec de l’Université Laurentienne sur sa capacité à être une université réellement bilingue »,, a réagi le président de l’AFO, Carol Jolin.

« Maintenant que le plan de restructuration de l’Université Laurentienne est sur la table, il est temps pour les gouvernements de l’Ontario et du Canada de poser des gestes en vue d’assurer la pérennité de la programmation de langue française en Ontario dans le Moyen-Nord de la province en assurant la survie et l’épanouissement d’une Université de Sudbury gérée par, pour et avec les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens. Au cours de la dernière semaine, plus de 2 000 francophones et francophiles de partout en Ontario et du reste du pays l’ont demandé en adressant des lettres au recteur et au président du Conseil des gouverneurs de l’Université Laurentienne », a poursuivi M. Jolin.

Au cours des derniers jours et des dernières semaines, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a soumis ces recommandations aux gouvernements de l’Ontario et du Canada.

– Proposition d’un moratoire d’un an sur les coupures en programmation de langue française afin que le gouvernement de l’Ontario, l’Université de Sudbury et la communauté franco-ontarienne tiennent une réflexion sérieuse et mettent en place des actions concrètes visant à assurer la pérennité de la programmation de langue française dans le Moyen-Nord au sein d’une Université de Sudbury gérée par, pour et avec les francophones.
– Appui du ministère des Collèges et Universités de l’Ontario à l’Université de Sudbury afin qu’elle puisse soumettre une demande visant à activer sa charte et à pouvoir obtenir son financement de manière autonome auprès de la commission indépendante d’évaluation et de qualité.
– Investissement partagé entre les gouvernements de l’Ontario et du Canada pour assurer la transformation de l’Université de Sudbury.
– Redirection dans les plus brefs délais du financement fédéral et provincial dédié à l’enseignement universitaire de langue française et destiné à l’Université Laurentienne (environ 12 M $ par année) vers l’Université de Sudbury.

« Les gouvernements fédéral et provincial ont démontré avec le dossier de l’Université de l’Ontario français leur capacité à bien travailler ensemble pour le bien de la collectivité franco-ontarienne. Nous croyons qu’ils pourront encore le faire dans le cas de l’Université de Sudbury », a conclu le président de l’AFO.