Le temps est au réinvestissement dans les institutions postsecondaires francophones et bilingues de l’Ontario

Ottawa, le 28 mai 2018 – Nos universités et nos collèges bilingues et francophones ont besoin d’aide afin d’élargir leur offre en français. C’est le cri d’alarme qu’ont lancé, aujourd’hui, les membres de la Table postsecondaire de l’Ontario français* coordonnée par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) lors d’une conférence de presse.

Bien que cette table souligne les efforts du gouvernement avec la création de l’Université de l’Ontario français et appuie cette initiative, elle rappelle que des besoins criants se font sentir dans les autres institutions postsecondaires francophones et bilingues de la province. Un constat: le financement est gelé depuis près de 10 ans pour les universités et en baisse pour les collèges. Dans de telles conditions, il devient difficile pour ces institutions d’assurer un enseignement de qualité et du même niveau que celui offert en anglais. De plus, les universités et collèges se voient dans l’impossibilité d’augmenter leur offre de programmes en français.

« L’éducation postsecondaire en français est une priorité de la communauté franco-ontarienne. Celle-ci l’a clairement exprimé dans le Plan stratégique communautaire : Vision 2025. Les francophones ont le droit d’étudier dans leur langue. Nous savons que l’Université de l’Ontario français va bientôt voir le jour, mais ce n’est pas suffisant. Nous demandons aux candidat.e.s au poste de premier.e ministre de l’Ontario de dévoiler leur plan pour les universités bilingues et les collèges francophones. Les besoins sont criants; il est grand temps d’agir! » a déclaré Carol Jolin, président de l’AFO.

« Les sept Universités francophones et bilingues actuelles sont des partenaires incontournables pour les communautés francophones. Le financement adéquat de ces établissements permettra de sécuriser les programmes actuels, menacés par un gel des octrois qui dure déjà 10 ans, et d’augmenter l’accès partout en province dans les domaines croissants. Cet investissement permettra à l’Ontario et aux jeunes des communautés francophones de profiter pleinement des avantages d’une main-d’œuvre bilingue dans un monde où la francophonie est en croissance », a dit Pierre Zundel, recteur et vice-chancelier par intérim de l’Université Laurentienne.

« Pour demeurer concurrentiel et accroître la participation des francophones aux études collégiales en français, les collèges doivent être en mesure de les attirer avec une expérience d’apprentissage moderne et axée sur l’acquisition de compétences techniques et professionnelles essentielles pour se démarquer sur le marché du travail », a affirmé Lise Bourgeois, présidente de La Cité. « Le financement accru de la province est impératif pour soutenir et élargir une offre de haute qualité en français répondant aux exigences d’un marché de l’emploi en pleine transformation », a conclu Lise Bourgeois, présidente de La Cité.

Faits en bref

  1. Depuis 2009, le gouvernement de l’Ontario a transféré 34 444 237 $ annuellement pour le financement de base de la programmation en français des universités bilingues.
  2. Depuis 2009, le gouvernement de l’Ontario a gelé ses investissements pour les collèges francophones.
  3. Selon les données de la Banque du Canada, l’inflation a augmenté en moyenne de 1,5 % par année pour un total de 13,5% entre 2009 et 2017.

*La Table postsecondaire de l’Ontario français est composée de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et de collèges et d’universités francophones et bilingues de l’Ontario, à savoir: le Collège Boréal, le Collège La Cité, le Collège universitaire dominicain, l’Université Laurentienne, l’Université de Hearst, l’Université d’Ottawa, Campus Glendon de l’Université de York, l’Université St-Paul et l’Université de Sudbury.