Ottawa, le mercredi 6 septembre 2017


L’hon. Deborah Matthews
Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation
Édifice Mowat, 3e étage,
900, rue Bay Toronto (Ontario) M7A 1N3

Madame la Ministre,

Les trois partenaires des États généraux du postsecondaire en Ontario français – l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) – ont pris connaissance du rapport Innover localement, exceller mondialement. Proposition pour une université de langue française en Ontario, publié par le Conseil de planification pour une université de langue française le lundi 28 août.

Les trois partenaires sont très heureux de constater que le gouvernement de l’Ontario a pris en compte l’une des revendications de longue date faite par la communauté francophone, à savoir la création d’une université de langue française en Ontario, et qu’il s’apprête à la concrétiser. De plus, ils se réjouissent de la reconnaissance de deux principes leur étant chers depuis des décennies dans leur vision pour le régime universitaire franco-ontarien: la reconnaissance de la légitimité d’une gouvernance universitaire francophone et la création d’un Carrefour francophone des savoirs et de l’innovation à Toronto d’ici 2020.

Cependant, l’AFO, la FESFO et le RÉFO ont noté des lacunes importantes dans le rapport et souhaitent vous en faire part.

Les trois partenaires sont prêts à travailler main dans la main avec le gouvernement dans la mesure où le mandat du Conseil de mise en œuvre adresse les grandes préoccupations et aspirations de la communauté, à savoir la viabilité de l’Université de l’Ontario français et la gouvernance des institutions francophones partout en province. Nous avons la volonté de bâtir avec vous une université d’excellence, viable et qui répond aux aspirations de la communauté francophone et francophile de l’Ontario. Après tout, il est impératif de maximiser le potentiel d’une telle institution.

L’une des notions importantes avancées lors des États généraux sur le postsecondaire en Ontario français, et qui est absente du présent rapport, est d’assurer une gouvernance “par et pour” au niveau de la province et d’ainsi reconnaître la nature problématique des institutions bilingues dans le Nord et l’Est. Nous demandons au gouvernement d’inclure dans son plan les démarches menant vers une gouvernance “par et pour” à l’ensemble de la province..

À la lecture du rapport, nous sommes inquiets quant à la pérennité de la future institution. Nous voulons nous assurer que celle-ci ne soit pas victime de la concurrence d’autres universités offrant des programmes en français dans la région de Toronto. Comme recommandé lors des États généraux, il nous semble, dès lors, judicieux de réserver l’exclusivité de l’offre de programmes en français à l’Université de l’Ontario français. Rappelons que les écoles secondaires francophones n’ont pas vu le jour sans toucher aux écoles secondaires bilingues. Nul n’aurait considéré de créer un conseil scolaire francophone, tout en préservant les conseils bilingues. La Cité et Boréal n’auraient pu réussir si les collèges Algonquin et Cambrian avaient continué d’enseigner en français et avaient maintenu l’exclusivité de leurs programmes.

Ajoutons que nous émettons également des réserves quant à la pédagogie proposée. Pour cette raison, nous voulons que des expert.e.s issu.e.s du monde universitaire siègent au comité de mise en oeuvre.

Au sein de ce comité de mise en oeuvre, nous souhaitons que des sièges soient octroyés à des personnes issues de la communauté et du secteur jeunesse, et qu’ils soient nommées par les trois organismes partenaires. Nous voulons également que l’on veille à la représentativité sur toute la province de l’Ontario.

Dans le rapport, certaines notions restent floues: “université mentor principale/partenaire”, “affiliation académique”. Il nous semble crucial de les préciser.

Enfin, l’AFO, la FESFO et le RÉFO s’attendent à ce que le gouvernement adopte une loi dans les prochains mois afin de garantir l’inauguration de la nouvelle université pour la rentrée 2020.

La communauté franco-ontarienne veut s’assurer de la réussite de ce projet qui lui tient à coeur et d’ainsi offrir des services en français de qualité. Elle veut également garantir que les cibles identifiées lors des États généraux soient atteintes.  

Nous souhaitons vous rencontrer dans les semaines à venir afin de discuter du dossier et vous préciser nos inquiétudes et nos attentes. Nous invitons votre équipe à communiquer avec Bryan Michaud, analyste politique à l’AFO, par téléphone au 1 866 596-4692, poste 130, ou par courriel à bmichaud@monassemblee.ca. Il coordonnera au nom des trois organismes afin de prendre un rendez-vous qui convient à votre horaire.

Nous vous remercions de votre intérêt. Veuillez agréer, Madame la Ministre, nos salutations distinguées.

Carol Jolin, président de l’Assemble de la francophonie de l’Ontario (AFO)
Josée Joliat, coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO)
Yacouba Condé, coprésident du Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO)
Jocelyn Leblanc, coprésident du Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO)
Pablo Mhanna-Sandoval, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO)

c.c. L’hon. Marie-France Lalonde
Ministère des Affaires francophones
George Drew Building, 18e étage,
25, rue Grosvenor
Toronto (Ontario) M7A 1Y6