Recensement 2016 : l’AFO grandement inquiète de la baisse du poids relatif du français en Ontario

Ottawa, le 2 août 2017 – La baisse du poids relatif du français en Ontario et au Canada constatée dans le recensement 2016 de Statistique Canada inquiète grandement l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). La survie à long terme des minorités linguistiques francophones en Ontario et au Canada est compromise.

En 2011, l’Ontario dénombrait 542 390 personnes dont la première langue officielle parlée est le français pour un poids relatif de 4,3 %. En 2016, cette proportion a baissé de 0,2 % pour s’établir à 4,1% (549 185 francophones sur une population totale de 13 448 494).

« L’avenir de la communauté franco-ontarienne est menacé en Ontario. Cette diminution affecte notre capacité de vivre en français, d’obtenir des services gouvernementaux dans notre langue et d’être représentés auprès des acteurs politiques. Cette diminution menace l’avenir et la survie même de la francophonie ontarienne », a expliqué le président de l’AFO, Carol Jolin.

« Le gouvernement du Canada a le devoir constitutionnel et moral de s’attaquer de front à la baisse significative du poids relatif des francophones vivant en milieu minoritaire. On ne peut plus accepter que la province de l’Ontario n’accueille que 2 % d’immigrants francophones et perde du poids démographique à chaque année. Il faut freiner cette tendance et combler les retards des dernières années  », a ajouté M. Jolin.

« Aujourd’hui, il est plus important que jamais que le Premier ministre du Canada affirme haut et fort son appui aux communautés de langues officielles en milieu minoritaire et qu’il augmente de façon très significative  le financement du Plan d’action pluriannuel aux langues officielles.  La survie à long terme de notre communauté, c’est aujourd’hui que ça se joue.  Il est plus que temps d’agir” a dit M. Jolin.

Malgré ce sombre tableau, tout n’est pas entièrement noir pour les francophones. Le nombre de francophones vivant en Ontario et de personnes pouvant s’exprimer en français ont augmenté. Comptant 6 795 Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens de plus qu’en 2011, l’Ontario dénombre également 100 000 personnes de plus pouvant s’exprimer en français (1 395 805 en 2011; 1 490 840 en 2016).

L’analyse des données du recensement rappelle également la grande importance de l’immigration francophone en Ontario. Si les gouvernements du Canada et de l’Ontario étaient passé de la parole aux actes depuis l’adoption d’une cible provinciale de 5 % en immigration francophone en 2012, la province compterait 12 000 francophones de plus. La chute du poids démographique des francophones de l’Ontario aurait ainsi été beaucoup moins spectaculaire en s’établissant à 0,05 %.

« L’immigration amène une grande richesse à notre communauté et notre survie à long terme dépend en grande partie de la capacité des gouvernements d’atteindre ses cibles et de nos organismes à bien les servir et les intégrer. Les gouvernements du Canada et de l’Ontario doivent travailler avec notre communauté et s’inspirer du Livre blanc sur l’immigration francophone en Ontario pour atteindre nos objectifs et même les dépasser », a conclu M. Jolin.

 

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) est l’organisme rassembleur et la voix politique de la francophonie de l’Ontario. Elle a pour mandat de concerter la collectivité francophone de la province et agit comme porte-parole, entre autres, pour revendiquer les droits des 611 500 Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes.

 

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